Un peu d'histoire

BISSY A TRAVERS L'HISTOIRE 

Comme toute notre région, les vestiges archéologiques attestent que le territoire de Bissy-sous-Uxelles est parcouru depuis les temps les plus reculés : l'abbé Gaudillère a fouillé, il y a quelques années, un site remontant à l'époque celtique, vers l'étang du "Grand Bois" et quelques découvertes de pointes de flèches et autres silex taillés auraient été faites par les "anciens" sur le territoire de la commune, sans que l'on sache précisément dans quelle parcelle de terre.

On peut supposer qu'il y avait un habitat à l'époque romaine :

  • D'une part parce que, selon les historiens régionaux, le nom du village tire son existence du gentilice romain "Bessius".
  • D'autre part parce que des traces d'habitat gallo-romain sont décelables à plusieurs endroits de la commune : une villa gallo-romaine vers l'étang du "Grand-Bois" - avec des parements en mosaïque.

Les investigations récentes des archéologues, notamment grâce à l'apport de la photographie aérienne, montrent une forte densité de l'occupation humaine dans toute la région, à l'époque romaine.

Les riches "villae" romaines subsistent parfois jusqu'au haut moyen âge, mais en s'adaptant aux exigences du temps : d'abord en acceptant de partager avec les Barbares vainqueurs (Burgondes puis Francs) les vastes domaines fonciers, ensuite en concédant une partie de l'exploitation (l'autre partie est cultivée directement par une main-d'oeuvre servile) à des "colons" contre le paiement d'une redevance.

Ce système préfigure le régime féodal et la naissance des premiers villages dont certains gardent dans leur dénomination la trace de ces "colons", ancêtres de nos lignées de paysans (les Collonges, Chevagnyet autres Chazelles ou Chazeux).

Ainsi le village de Bissy s'est probablement structuré au moyen âge. Faut-il croire certains anciens de la commune qui voyaient un habitat primitif au nord-ouest, autour de l'ancienne église, située à l'emplacement du cimetière actuel ?

L'époque médiévale est bien peu représentée dans notre village qui a perdu son église romane, dans les années révolutionnaires et qui n'a, semble-t-il, jamais eu sur son territoire de motte cadastrale ou autre maison seigneuriale.

Bissy, comme une grande partie e la région, dépendait au moyen âge des seigneurs de Brancion et d'Uxelles. Ces puissants seigneurs avaient été au Moyen Âge une des plus grosses forteresses du mâconnais sur la colline d'Uxelles, de laquelle ils défiaient les non moins puissants abbés de Cluny, dont les possessions s'étendaient du côté de la Grosne, autour de Malay.

Bissy apparaît dans les textes dès l'époque médiévale, comme les villages alentours. Mais les premiers documents qui livrent quelques précisions intéressantes datent du 14°-15° siècles et sont conservés aux Archives Départementales de Dijon : il s'agit de "cherches de feux", listes nominatives d'habitants, établies à des fins fiscales.

Ces documents deviennent des indications intéressantes sur la vie économique et sociale d'un village ou d'une région (inégalités sociales, poids de la fiscalité, périodes de crise...etc.).

Dans les siècles d'Ancien régime (du 16° au 18° siècle), les archives se font plus riches et diversifiées :

  • Il y a d'abord les cahiers paroissiaux (enregistrement par les curés des baptêmes, mariages et sépultures) qui remontent à 1671 pour Bissy (plus une page ou deux pour l'année 1629) et permettent d'établir des généalogies, au travers desquelles on s'aperçoit que les 'Bissois" ou "Bichaillons" de souche sont tous cousins, tant l'endogamie était forte, en ces temps où les alliances se faisent dans un rayon géographique restreint et selon des stratégies familiales bien établies (les mariages entre des jeunes gens de niveau social différent sont exceptionnels et il n'est pas rare, en revanche, de trouver de multiples alliances au sein des mêmes familles). Ces alliances stratégiques donnaient lieu à un contrat de mariage passé devant notaire. 
  • Les registres des notaires, notamment ceux de Cormatin et de Saint-Gengoux, sont conservés aux Archives Départementales de Mâcon et recèlent toutes sortes de transactions ("acquêts", échanges, testaments, contrats de mariage), ainsi que des actes d'assemblées villageoises qui donnent des éléments précieux sur le fonctionnement et la composition sociale de la communauté villageoise : on constate, sans surprise, que les laboureurs, vignerons et manouvriers (paysans louant leur force de travail) étaient de loin les plus représentés dans le village, mais on trouve aussi des artisans (maréchal-ferrant, "tixier de toile", "pionner" ou maçon, charpentier ou "couvreur à laves et blanchisseur"...etc) et quelques personnages plus singuliers comme le curé ou vicaire de la paroisse, le recteur d'école (dès la fin du 18° siècle). Il n'y a pas de famille seigneuriale, mais une lignée bourgeoise, les Ravier, issue d'une "communauté" agraire, qui vivait jusqu'au début du 17° siècle sous l'autorité patriarcale d'un "chef et maître".

Le 19° et le début du 20° siècle nous sont plus familiers, avec des sources nombreuses et variées (archives municipales ou privées, vieux outils, lettres, cartes postales et photographies anciennes, témoignages écrits ou oraux... etc.) qui évoquent la vie de Bissy à une époque où les villages "affichaient complet" mais où déjà se faisait sentir l'attraction des villes, berceaux de l'industrie.

Les grands événements politiques (les révolutions, l'enracinement de la république avec le rôle des instituteurs, ces "hussards" de la république, les guerres...) et les bouleversements économiques et sociaux (l'industrialisation et le développement du chemin de fer, la crise du phylloxéra, l'équipement des communes : lavoirs, eau courante, électricité..., la modernisation de l'agriculture au détriment de la multitude des petits exploitants...) ont laissé de multiples témoignages, inscrits dans les registres municipaux et autres écrits, dans le patrimoine architectural du village (lavoir), ou simplement dans les consciences.

Ces nombreux témoignages n'ont d'ailleurs pas véritablement été "exploités", parce que très épars, touchant encore à l'intimité des familles.

Aujourd'hui, ils suscitent un regain d'intérêt, partagé semble-t-il, par des "anciens" restés au village, par ceux que la vie professionnelle a éloignés de leurs racines, et enfin par ceux que le destin a conduits à s'établir à Bissy.